Vie du CHU

Avec Easily, le CHU change d’échelle dans sa transformation numérique

Visuel d'écran d'ordinateur avec le logiciel Easily ouvert

En juin 2026, le CHU de Clermont-Ferrand tournera une page importante de sa transformation numérique. Avec l’achèvement de la phase 1 du dossier patient informatisé (DPI) Easily, c’est un chantier de grande ampleur, engagé depuis près de deux ans, qui arrive à maturité. Mais cette échéance ne clôt pas le projet : elle ouvre au contraire une nouvelle séquence, la phase 2, consacrée à l’enrichissement du DPI, à l’amélioration des usages et au développement de nouveaux services numériques. 

Bien plus qu’un projet applicatif, Easily marque une étape majeure dans la structuration du système d’information hospitalier. « En unifiant les usages, en renforçant le partage d’informations et en sécurisant davantage les pratiques, il pose les bases d’un hôpital plus coordonné, plus lisible et plus performant sur le plan numérique », explique Grégory Cintas, Directeur des services numériques (DSN). Une ambition claire s’en dégage : faire du numérique un levier durable au service des équipes, des patients et des enjeux de demain. 

La phase 1 s’achève, un projet d’envergure s’installe dans la durée

Si ce déploiement arrive aujourd’hui à son terme, c’est parce qu’il a reposé sur une mobilisation collective rare par son ampleur. Équipes médico-soignantes, secrétaires médicales, cadres, professionnels médico-techniques, personnels administratifs et référents métiers ont été engagés à chaque étape pour faire évoluer les pratiques, sécuriser les usages et accompagner l’appropriation du DPI au plus près du terrain. 

Pendant plusieurs mois, et pour certaines équipes depuis près de deux ans, cette transformation a demandé un investissement constant. Les équipes projet Easily ont accompagné les services de la préparation au démarrage opérationnel, avec des actions de formation, d’appui au changement et de soutien renforcé dans les moments les plus sensibles. Ce travail patient a permis d’ancrer le projet dans le réel des pratiques hospitalières.

Formation pour accompagner une équipe soignante dans le déploiement d'Easily

Ce déploiement marque une étape importante franchie au niveau de la maturité numérique atteinte par l’établissement. Les équipes de la Direction des services numériques (DSN), en lien étroit avec la Coordination générale des soins, le Département d’information médicale (DIM), la pharmacie, le laboratoire, l’imagerie et les nombreux référents métiers, ont structuré un déploiement exigeant, sécurisé et cohérent. C’est dans cette articulation entre expertise soignante et expertise numérique que le projet a trouvé sa force.

Le déploiement d’Easily a été un travail de fond, mené avec constance et en proximité avec les services. Ce projet n’aurait pas été possible sans la mobilisation quotidienne des équipes de soins, des référents métiers et des équipes techniques, qui ont fait évoluer ensemble les outils et les pratiques.

Grégory Cintas, directeur de la Direction des services numériques (DSN)

De nouveaux modules pour prolonger la transformation

Avec l’achèvement du socle principal du DPI Easily, le CHU entre dans une nouvelle phase. « L’enjeu n’est plus seulement de déployer, mais d’amplifier les bénéfices du projet, d’ouvrir de nouveaux services numériques et de mieux répondre, encore, aux besoins des professionnels comme des patients », précise Philippe Petrou, chef de projet Easily.  

Cette phase 2 s’appuiera sur des modules structurants, appelés à renforcer l’organisation hospitalière, la relation avec les patients et le pilotage de l’activité. 

Le portail patient, vitrine d’une relation renouvelée avec les usagers 

Le portail patient constituera l’un des marqueurs les plus visibles de la phase 2 : il réunira, dans un espace numérique sécurisé, des services aujourd’hui dispersés. Il simplifiera les démarches administratives et facilitera la prise de rendez-vous. Le portail patient offrira aussi un accès plus direct aux comptes rendus et aux résultats, tout en renforçant les échanges sécurisés avec les équipes. Au-delà des fonctionnalités, c’est une évolution importante de la relation avec les patients qui se dessine, avec un parcours plus lisible, plus accessible et plus continu. 

Mieux piloter les lits et les flux avec les logiciels EAGLE et GPLH 

Avec les logiciels EAGLE et GPLH, le CHU se dote de leviers supplémentaires pour piloter les lits et les flux de patients avec davantage de visibilité et de réactivité. Ils offriront une vision consolidée et en temps réel de l’occupation hospitalière. Ces outils doivent ainsi aider à mieux anticiper les tensions, fluidifier les admissions et les sorties, optimiser les parcours et renforcer la coordination entre les services. Bien que technique, c’est avant tout une question d’organisation qui se joue : piloter l’activité efficacement au quotidien et gagner en performance collective.

Un appui pour structurer les parcours patients 

Le module MOCA facilitera le suivi des étapes clés de la prise en charge et la coordination entre les professionnels. Il doit contribuer à standardiser certains parcours, renforcer la continuité des soins et harmoniser les pratiques médicales et soignantes. Là encore, la portée du projet dépasse l’outil : il s’agit d’aider à améliorer les parcours pour gagner en cohérence, en lisibilité et en qualité de prise en charge. 

Web Santé, un levier pour fiabiliser la valorisation de l’activité 

La phase 2 prévoit également le déploiement de Web Santé, en remplacement de Cora, pour moderniser et sécuriser les processus de cotation et de valorisation de l’activité. L’objectif est de simplifier les pratiques de codage, fiabiliser les cotations, améliorer la qualité des données médico-économiques et faciliter le suivi de l’activité en lien avec le DIM. Ce chantier prolonge les travaux déjà engagés autour de la qualité des données et du pilotage médico-économique de l’établissement. 

Des améliorations concrètes pour les usages métiers

En parallèle des nouveaux modules évoqués, la phase 2 vise aussi à améliorer très concrètement l’expérience des professionnels dans leur usage quotidien du DPI. L’objectif est de rendre les outils plus fluides, plus sûrs, plus lisibles et mieux adaptés aux réalités du terrain.

Bureautique et formulaires : mieux outiller le quotidien 

Un travail sera engagé pour la bureautique médicale et les formulaires afin de simplifier le quotidien des professionnels et de standardiser les documents et courriers. Il permettra d’améliorer l’ergonomie de saisie et de proposer des formulaires plus adaptés aux spécialités. En renforçant la structuration des données de santé, ces évolutions doivent faire gagner en fluidité, en qualité documentaire et en pertinence des informations saisies dans le DPI.

Hôpitaux de jour : des outils mieux adaptés à l’organisation

Les travaux prévus autour des hôpitaux de jour (HDJ) répondent à des enjeux très opérationnels. Il s’agit d’adapter plus finement les outils aux contraintes d’organisation de ces secteurs à forte activité : 

  • en simplifiant certains circuits administratifs,
  • en optimisant les workflows de prescription,
  • en améliorant la planification
  • et en prenant mieux en compte les parcours multi-séances.  

L’idée est de fluidifier les prises en charge ambulatoires et mieux accompagner les équipes dans leur quotidien. 

Prescription : gagner en lisibilité et en sécurité 

Le CHU poursuivra également les améliorations autour de la prescription informatisée, avec une priorité claire : gagner à la fois en ergonomie, en lisibilité et en sécurisation. L’objectif est de mieux répondre aux réalités des pratiques médicales et soignantes, d’affiner l’adaptation aux spécificités métiers et de renforcer l’intégration avec les outils associés. En filigrane, c’est toute l’efficacité d’usage au quotidien qui est recherchée. 

Sécurité des données : une exigence au cœur du projet

Dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires et de cybersécurité, la phase 2 accordera une place majeure à l’auditabilité des accès au DPI. Les travaux engagés viseront à améliorer la traçabilité des connexions et des consultations, à renforcer les dispositifs de contrôle des accès et à faciliter les capacités d’audit et d’investigation. Cette exigence de sécurité est au cœur du projet : elle doit consolider la confiance dans les usages numériques et garantir un haut niveau de protection autour des données de santé. 

Utilisation du logiciel Easily au bloc opératoire

 

L’IA générative, un champ d’expérimentation pour demain 

Cette phase 2 ouvrira aussi la voie à plusieurs expérimentations autour de l’intelligence artificielle générative appliquée aux usages hospitaliers. Les pistes explorées pourront concerner l’aide à la rédaction documentaire, l’assistance à la production de comptes-rendus, l’optimisation de certaines tâches administratives ou une meilleure exploitation des données. L’objectif n’est pas d’ajouter de la technologie pour elle-même, mais d’identifier des solutions utiles, sécurisées et pertinentes pour soutenir les professionnels dans leurs activités quotidiennes, dans un cadre éthique et conforme aux exigences de santé publique. 

Avec la phase 2, nous changeons de registre. Il ne s’agit plus seulement de déployer un outil, mais de faire du numérique un levier d’organisation, d’innovation et d’amélioration continue au service de l’hôpital.

Grégory Cintas, directeur de la Direction des services numériques (DSN)

Un travail collectif salué, une nouvelle phase à engager

L’achèvement de cette première phase consacre un travail collectif de grande ampleur. Il témoigne de l’engagement des professionnels mobilisés dans un projet exigeant, structurant et profondément transformant pour l’établissement. Il ouvre désormais un nouveau cycle de développement, d’innovation et d’amélioration continue au service des patients, des équipes et de la performance collective.

La réussite de cette phase 1 est d’abord celle des équipes. Je tiens à les remercie pour leur engagement et leur disponibilité. Depuis de nombreux mois, les professionnels de terrain, les équipes métiers et la Direction des services numériques ont mené un travail considérable pour faire d’Easily un outil structurant pour l’hôpital. Cette étape ne marque pas une fin, mais le point de départ d’une nouvelle phase pour continuer à moderniser notre établissement et répondre aux enjeux de demain.

Grégory Cintas, directeur de la Direction des services numériques (DSN).