Objectif

Le dispositif Handiconsult vise à faciliter l’accès aux soins courants des personnes en situation de handicap en échec de soins en milieu ordinaire.

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé

L'origine

Pour les personnes souffrant d’un handicap physique, mental ou psychique, inné ou acquis, les soins liés au handicap sont généralement assurés, mais les soins courants en milieu ordinaire restent difficiles.

Malgré un système de santé toujours en recherche de qualité, les obstacles sont nombreux : manque de temps de la part des soignants, difficulté à comprendre et interpréter les réactions du patient, problème d’accessibilité, absence de matériel adapté…

Cette situation entraîne une inégalité en matière de soins, un manque de dépistage et de suivi.

Handiconsult est un projet fédérateur, porté par le Centre Hospitalier Annecy Genevois, fruit d’une réflexion conjointe menée avec les familles, les établissements médico-sociaux spécialisés du bassin annécien, les partenaires administratifs, médicaux, associatifs, institutionnels pour enrichir l’offre de soins courants pour les personnes porteuses d’un handicap.

La finalité

Le dispositif "Handiconsult" s’adresse aux enfants et aux adultes handicapés en échec de soins en milieu ordinaire, résidant en institution publique, privée ou à domicile. Il concerne tous types de handicap (moteur, visuel, auditif, psychique, intellectuel) avec forte dépendance.

Handiconsult vise à faciliter l’accès aux soins courants et à la prévention et a pour mission :

  • de coordonner et d’organiser les prises en charge,
  • d’assurer un accueil téléphonique,
  • de conseiller.

Handiconsult est une filière de consultations et de soins, pluridisciplinaire, adaptée : la finalité du dispositif est de permettre l’accès à plusieurs spécialités identifiées comme prioritaires auprès des partenaires du dispositif.

Le rapprochement des soins odontologiques et médicaux est une volonté forte d’Handiconsult.

Handiconsult n’est pas un dispositif "urgentiste" : les situations d’urgence vitale relèvent du dispositif d’aide médicale urgente et de la permanence des soins.

La description du dispositif

Mise en place d’une équipe de coordination qui accompagne plusieurs professionnels de santé assurant des consultations (gynécologie, prise en charge de la douleur, épileptologie, consultation spasticité de l’enfant polyhandicapé, consultation holistique du handicap, ORL, ophtalmologie, dermatologie, stomathérapie, clinique du positionnement à partir de septembre 2014…) ainsi que des chirurgiens-dentistes libéraux pour les soins dentaires (intégration des chirurgiens-dentistes dans une prise en charge globale pour permettre la réalisation de soins sans anesthésie générale : approche comportementale, sédation consciente, soins sous MEOPA).

Certaines consultations sont délocalisées dans les établissements médico-sociaux.

Selon les besoins de la personne, HANDICONSULT permet d’organiser un ou plusieurs rendez-vous au centre hospitalier, auprès de différents spécialistes,en une seule venue.

Des concertations pluridisciplinaires sont prévues.

Les axes prioritaires

Renforcer et préserver l’accès à la santé – y compris à la prévention – pour tous, notamment par une information adaptée aux personnes vulnérables (mineures, majeures protégées, en perte d’autonomie, souffrant de troubles psychiques, intellectuellement déficientes…), étrangères, placées sous main de justice… ;

Accompagner les évolutions du système de santé dans le respect des droits des usagers (e-santé, télémédecine, maisons et centres de santé, soins de santé transfrontaliers…).

Les résultats

Situé au cœur des priorités nationales, le dispositif Handiconsult constitue une réponse novatrice en matière d’égalité d’accès aux soins entre personnes handicapées et personnes valides. Il présente une réelle plus-value puisqu’il permet à des personnes qui n’en bénéficiaient pas dans le parcours classique d’accéder à des soins courants ainsi qu’à la prévention.

L’expérimentation lancée en avril 2012 rencontre le succès espéré. Après une montée en charge progressive, l’objectif d’activité est atteint avec (données au 31/05/2014) :

  • 2 265 appels reçus depuis le démarrage en 2012
  • 430 consultations effectuées de janvier à mai 2014 dans 11 spécialités différentes (258 en 2012, 841 en 2013)
  • 17 médecins spécialistes et 6 chirurgiens-dentistes impliqués dans le dispositif.

Le profil des patients pris en charge correspond à la cible initiale : patients de tous les âges, autant d’hommes que de femmes, provenant autant du domicile que des établissements médico-sociaux.

Évaluation et suivi

Le dispositif d’évaluation, pensé lors de la conception du projet, a été mis en place dès le démarrage de l’activité. Des outils de recueil de données ont été élaborés pour servir tant à l’organisation des prises en charge qu’à l’évaluation. Leur remplissage est systématique. Les données d’évaluation font l’objet d’une saisie par un agent dédié à cette activité. Elles sont ensuite analysées par le service d’information et d’évaluation médicale du CHANGE.

Les différents objectifs opérationnels de l’évaluation sont constitués par l’analyse de la pertinence du projet (réponse à des besoins), son organisation (la cohérence : analyse de la structure en place, évaluation des processus de soins et de coordination) et l’efficacité du projet (avec évaluation des résultats en termes de nombre de prises en charge effectuées).

Quelques conseils

S’agissant de répondre à une problématique de territoire, présentation d’un concept :

Localisation : établissement de santé public, privé, médico-social, maison de santé pluri-professionnelle… l’endroit retenu découle des organisations sanitaires et des pratiques locales.

L’offre de spécialités médicales résulte des besoins exprimés lors de l’état des lieux.

Importance d’associer des représentants des usagers, familles, établissements médico-sociaux, du public et du privé à la démarche.

Charte de qualité :

  • consultations sanctuarisées, préparées en amont par une équipe de coordination,
  • patients systématiquement accompagnés d’un aidant,
  • pas d’attente au secrétariat ou avant la consultation,
  • consultations comportant, outre le praticien et l’accompagnant, une IDE et, le cas échéant, l’assistante dentaire,
  • disposition de gaz inhalés dans les consultations.

Le financement de l’activité doit prendre en compte le temps "de la porte aux soins"

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