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ANTICORPS ANTI SPERMATOZOIDES |
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Photo : © Centrum voor Reproductivieve Geneeskunde, Brussel
MAR test : spermatozoides agglutinés car porteurs d’anticorps anti spermatozoides
(click gauche sur la photo pour agrandir et zoomer)
Elimine de notre organisme toute les structures qui lui sont "étrangères", c'est à dire qui ne font pas partie de notre corps. En contact avec les structures qui composent notre organisme, le système immunitaire apprend à les reconnaître comme nous appartenant, et à les tolérer : il vit en bonne entente avec ces structures.
Par contre, si le système immunitaire détecte une structure qu'il ne connait pas, il considère cette structure comme "étrangère" et potentiellement dangereuse. Il fabrique alors des anticorps et active des cellules appelés globules blancs pour éliminer cette structure : c'est ce qui se passe par exemple quand un virus ou un microbe entre dans notre organisme.
Il existe une barrière étanche entre le testicule et le système immunitaire : les spermatozoïdes ne sont jamais en contact avec le système immunitaire du sujet. De ce fait, il ne les tolère pas et si cette barrière est rompue, le système immunitaire entre en contact avec les spermatozoïdes, les considère comme "étrangers", et fabrique contre eux des anticorps, comme il en fabrique pour se débarrasser d'un virus ou d'un microbe.
Ces anticorps vont se fixer sur les spermatozoïdes, et diminuer leur mobilité et leur pouvoir fécondant en provoquant leur agglutination, qui peut être mis en évidence par le MAR Test (voir photo). Si la fécondation peut avoir quand même lieu, naturellement ou par Assistance Médicale à la Procréation, les embryons obtenus ont généralement du mal à se développer et à s'implanter dans l'utérus.
Quelles sont les situations où cette barrière peut être rompue ? Chaque fois qu'il existe un traumatisme testiculaire au sens large du terme (accidentel, chirurgical, pathologique ...) et après ligature des canaux déférents pour stérilisation masculine volontaire. Mais ces situations n'entraînent pas systématiquement l'apparition d'anticorps anti-spermatozoïdes et s'ils apparaissent, c'est à des taux variables. Dans beaucoup de cas, la cause de l'apparition des anticorps anti-spermatozoïdes n'est pas retrouvée.
Quelles sont les solutions thérapeutiques ? La principale solution thérapeutique est la Fécondation In Vitro, le plus souvent avec micro-injection. Dans certains cas, le recours aux Inséminations Intra-Utérines peut être proposé. Si une ligature des canaux déférents est envisagée, une auto-conservation des spermatozoïdes avant l'intervention chirurgicale est une mesure préventive indispensable.
Les spermatozoïdes sont des "étrangers" puisque provenant d'un autre organisme que le sien. Mais un système complexe de barrières est mis en place par l'organisme féminin pour que les spermatozoïdes ne rentrent jamais en contact avec le système immunitaire de la femme. Si ce système est rompu, il y aura production d'anticorps anti-spermatozoïdes, avec des effets identiques à ceux décrits chez l'homme : diminution de la mobilité, du pouvoir fécondant, et du développement de l'embryon. C'est le plus souvent au niveau de la glaire cervicale que doivent traverser les spermatozoïdes que ces anticorps sont produits.
Quelles sont les situations où cette barrière peut être rompue ? Chez la femme, l'apparition d'anticorps anti-spermatozoïdes est rare et reste un phénomène le plus souvent inexpliqué.
Quelles sont les solutions thérapeutiques ? Les Inséminations Intra-Utérines (IIU) doivent être tentées en première intention, quand le sperme du conjoint est normal : la technique permet de franchir la glaire cervicale. En cas d'échec, ou si le sperme du conjoint est altéré, il faut recourir à la Fécondation In Vitro avec ou sans micro-injection (FIV ou ICSI).